31 octobre 2006
Canada, le pire bilan du monde
Des signataires du Protocole de Kyoto, c’est le Canada qui affiche le pire bilan après l’Espagne, selon le secrétariat des Nations Unies sur les changements climatiques. Ses émissions de gaz à effet de serre (GES) ont augmenté de 26,6 % depuis 1990, alors que le Protocole l’engage à les réduire de 6 % par rapport à 1990.
Le Canada devra donc faire un effort de réduction de 32,6 % pour honorer sa promesse. Ce qui en fait le deuxième pays le plus loin de sa cible, l’Espagne devant faire un effort de 34 %.
Entre 1990 et 2004, l’ensemble des pays industrialisés ont augmenté leurs émissions de 11 %. Il faut cependant exclure de ce calcul les pays d’Europe centrale et orientale, dont les émissions ont radicalement diminué en raison des transitions économiques qu’ils ont connues. L’Ukraine, la Lettonie et la Lituanie ont ainsi réduit leurs émissions de 55 %.
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30 octobre 2006
Changements climatiques et crise économique
Nicholas Stern, ex-économiste en chef de la Banque mondiale, soutient dans un rapport sur le coût des changements climatiques, que ne pas lutter contre ces changements pourrait nous plonger dans une crise économique semblable à celle de 1930.
Selon cet économiste du gouvernement britannique, il faut attendre des mesures prises dans le monde entier pour lutter contre le changement climatique des bénéfices nettement supérieurs à leurs coûts.
« Les données relevées par l’étude mènent à une conclusion simple : les bénéfices d’une action forte et rapide dépassent considérablement les coûts », précise le rapport préparé pour le premier ministre, Tony Blair, et son ministre des Finances, Gordon Brown.
Contrairement au président américain George Bush qui rejette le protocole de Kyoto en raison de pertes d’emplois, Nicholas Stern estime que nous n’avons pas à choisir entre la lutte aux changements climatiques et la croissance économique.
Rappelons que le protocole de Kyoto engage 35 pays riches à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5 ou 6 %, entre 2008-2012, par rapport à ce quelles étaient en 1990.
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26 octobre 2006
« Nous devons commencer à agir dès maintenant »
– Paul O’Neill, ancien secrétaire au Trésor américain
Pour Paul O’Neill, ancien membre haut placé de l’administration Bush et ex-chef de la direction d’Alcoa, il ne faut pas attendre 2050 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).
« Franchement, je ne pense pas que nous devrions attendre jusqu’à 2050 », a affirmé Paul O’Neill. Déclaration qui intervient tout juste après la présentation du projet de loi sur l’air pur des conservateurs de Stephen Harper, qui propose de réduire de moitié les émissions canadiennes de GES d’ici 2050.
Paul O’Neill, qui a été le principal conseiller de Georges W. Bush en matière de politiques économiques durant deux ans, a rappelé que les GES ont une durée de vie de 100 ans, ce qui commande selon lui des actions immédiates pour en réduire les concentrations dans l’atmosphère.
Il préconise par ailleurs la fermeture pure et simple des usines qui ne disposent pas des technologies non polluantes modernes.
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25 octobre 2006
Le marché climatique de la Bourse de Montréal paralysé
L’absence de cibles de réduction des gaz à effet de serre définies dans le plan du gouvernement Harper paralyse le projet de « marché climatique » sur lequel misait la Bourse de Montréal.
« On n’est pas nécessairement déçu », a fait savoir le porte-parole de la Bourse de Montréal, Jean-Charles Robillard, tout en ajoutant : « tant qu’il n’y a pas de cibles d’adoptées, on ne peut pas créer le marché ».
Rappelons que l’an dernier, la Bourse de Montréal avait conclu une entente avec le Chicago Climate Exchange qui visait la création, à Montréal, d’un nouveau marché où se transigeront des quotas d’émission de gaz à effet de serre.
La Bourse de Montréal entend participer aux consultations annoncées par le gouvernement Harper pour établir des cibles de réduction conjointement avec l’industrie.
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24 octobre 2006
La loi sur la qualité de l’air des conservateurs
Mieux que Kyoto, vraiment?
Alors qu’elle martèle depuis des mois l’intention de son gouvernement d’aller plus loin que le protocole de Kyoto, la loi sur la qualité de l’air présentée récemment par la ministre canadienne de l’environnement, Rona Ambrose, n’a rien de la « pièce maîtresse » du plan vert espéré par les écologistes et les partis d’opposition.
Ce projet de loi consacre le rejet des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de Kyoto, soit - 6 % d’ici à 2012 par rapport au niveau de 1990. Les conservateurs ne proposent rien avant 2010 pour le smog et visent « une réduction absolue des émissions de GES », allant de 45 à 65 % des niveaux de 2003, pour 2050.
Les émissions canadiennes de GES ont augmenté de 32 % depuis 1990, croissance qui est attribuable aux grandes entreprises du secteur énergétique, à l’Alberta et à l’Ontario réunis, qui sont responsables de 77 % des rejets.
Pour des réductions absolues de GES, il faudra attendre la période 2020-2025 – bien que le plan ne précise pas de quel ordre elles seront. Entre temps, les conservateurs privilégient une approche basée sur l’intensité, qui reconnaît les efforts faits par une entreprise, même si elle augmente ses émissions.
L’industrie automobile ne devra pas se conformer à de nouvelles normes de consommation d’essence avant 2011 et les conservateurs lancent de nouvelles consultations avec les secteurs industriels les plus polluants. Ils veulent négocier une réduction absolue des polluants responsables du smog, à partir de 2010, des cibles qui seraient valables jusqu’en 2025.
Les écologistes ont vertement dénoncé ce plan et les parlementaires des partis d’opposition veulent voter rapidement un projet de loi concurrent, qui imposerait au gouvernement minoritaire de Stephen Harper de respecter les objectifs de Kyoto. Certains ont même soutenu être prêt à renverser le gouvernement Harper si les conservateurs demandent un vote de confiance sur leur projet.
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20 octobre 2006
Le méthane et ses mystères
Le méthane (CH4), un gaz à effet de serre moins présent que le dioxyde de carbone (CO2), mais dix fois plus virulent, soulève de nombreuses interrogations pour la microbiologiste Antje Boetius, du Max Planck Institute de Brême, en Allemagne.
Publiés en octobre dans la revue Nature, les travaux dirigés par la microbiologiste indiquent notamment qu’une grande part des émissions de méthane libérées par des volcans de boue sous-marins sont en fait épongés par certaines colonies de microbes.
Les émissions de volcans sous-marins comme le Haakon Mosby, actif en mer de Barents, pourraient donc être moins importantes que prévues. Par 1250 mètres de fond, les chercheurs ont découvert trois grandes communautés de microbes méthanotrophes – qui absorbent le méthane – autour de ce volcan situé au large des côtes norvégiennes.
« Ces voiles microbiens sont caractérisés par de grandes zones blanchâtres sur le fond du volcan », a expliqué Jean-Paul Foucher, chercheur à l’Infremer. Pour le géophysicien qui a participé aux travaux, il a été surprenant de constater que « l’effet de filtre de ces micro-organismes est plus important au-dessus des zones les moins actives du volcan, alors que leur effet est très faible au-dessus des zones où les flux de méthane sont les plus forts. » Ces microbes parviennent tout de même à absorber près de 40 % des émissions du volcan.
L’un des microbes serait une bactérie et capturerait le méthane par un phénomène d’oxydation. Les deux autres seraient des archéobactéries, des organismes adaptés à la vie dans des milieux inhospitaliers. Ils n’auraient pas besoin d’oxygène pour absorber le méthane.
L’action des ces microbes sous-marins fait en sorte de fixer le carbone que contient le méthane dans les sédiments marins.
En géologie, le terme « archée » (comme dans archéobactéries) fait référence à la plus ancienne période des temps géologiques, qui serait antérieure à 2600 millions d’années.
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17 octobre 2006
Un projet de loi pour le respect de Kyoto
Profitant de leur majorité au comité de l’environnement, les députés d’opposition ont placé sur la voie rapide un projet de loi libéral pour assurer le respect des objectifs du Protocole de Kyoto.
Après de vains efforts pour empêcher leurs adversaires de donner la priorité à la question des changements climatiques, les députés conservateurs ont accusé les partis d’opposition de détourner le comité.
Le gouvernement Harper se retrouve ainsi dans une position inconfortable. En effet, avant même que le projet de loi conservateur sur la qualité de l’air n’ait été dévoilé, la procédure parlementaire fait en sorte que son étude en comité sera certainement retardée.
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11 octobre 2006
Un exercice insuffisant
« Flou, mou et insuffisant », tels ont été le qualificatifs utilisé par les représentants des principaux groupes écologiques et les partis d’opposition pour dénoncer ce qui devait être le plan vert des conservateurs.
Loin de faire l’annonce du vaste plan attendu, le gouvernement de Stephen Harper s’est contenté de relancer les consultations avec l’industrie et les provinces sur d’éventuelles cibles de réduction des gaz à effet de serre.
Le premier ministre s’est fait rassurant, précisant qu’un projet de loi encadrant ces discussions sera présenté sou peu. Il est demeuré impossible d’en savoir plus sur cette approche que le gouvernement veut « exhaustive et intégrée », sinon que la « loi canadienne sur la qualité de l’air » s’attaquera tout à la fois aux problèmes de la qualité de l’air et du réchauffement planétaire.
Il appert que le gouvernement Harper voudrait remplacer les mesures volontaires déjà privilégiées par une « réglementation stricte », sans pour autant fixer de cibles de réduction de l’intensité des émissions de gaz à effet de serre.
Pour Steven Guilbeault, de Greenpeace, une baisse de « l’intensité des émissions », qui n’est en fait que la seule diminution de la hausse des émissions d’une entreprise revient à donner carte blanche à l’industrie. « En plus de l’abandon de Kyoto, cela signifie que pour les sables bitumineux de l’Alberta, the sky is the limit, a-t-il déploré. En autant qu’une pétrolière améliore un peu son efficacité, elle aura droit de polluer comme bon lui semble. »