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15 septembre 2006
La fonte des glaces hivernales de l’Arctique s’accélère

Si la fonte des glaces de l’Arctique en été était un phénomène confirmé et inquiétant, deux nouvelles études rendues publiques par la NASA mercredi dernier démontrent maintenant que les glaces de l'Arctique fondent de 10 à 15 fois plus rapidement que par le passé en hiver.

Alors que les glaces hivernales de l'Arctique ont diminue d'environ 1,5 % par décennies ce 25 dernières années, leur volume à diminué de 2,3 % uniquement entre 2004 et 2005. Ces deux dernières années, cette diminution aurait même atteint 40 % dans un secteur oriental de l'Arctique qui a fait l'objet d'une étude de la NASA.

« Cela ne s'était jamais produit auparavant », selon Josefino Comiso. Pour le chercheur de la NASA, il s'agit d'une situation « alarmante » qui démontre que ce phénomène est « effectivement lié au réchauffement climatique lié aux gaz à effet de serre ».

Ce réchauffement des eaux polaires menace tout particulièrement le phytoplancton, dont la disparition viendrait bouleverser l'écosystème de l'Arctique.

13 septembre 2006
L'été 2006 serait le deuxième été le plus chaud depuis 1948

Juste derrière l'été de 1998, l'été 2006 serait le deuxième été le plus chaud des soixante dernières années. Les températures moyennes de juin, juillet et août ont ainsi été de 1,4 °C au-dessus des normales. La température moyenne des étés a ainsi augmenté de 0,9 °C depuis 1948.

Les relevés indiquent que le réchauffement plus élevé s'est produit dans l'Arctique, qui a connu des températures de 2,4 °C au-dessus des normales.

L'été aurait également été plus sec dans l'Ouest, où les précipitations ont été 40 % sous la moyenne, et plus pluvieux pour les Maritimes, qui ont connu une augmentation de 36 % des précipitations par rapport à la moyenne.

12 septembre 2006
Des jeunes du Québec et du Canada créent la Coalition des jeunes pour le climat (CCJC)

En formant cette nouvelle coalition, les jeunes de 48 organismes du Québec et du Canada, dont Environnement Jeunesse et la coalition Jeunesse Sierra de Montréal, veulent se faire entendre et ainsi combattre l'apathie et l'irresponsabilité qui caractérisent une partie de la population.

« C'est notre avenir qui est en jeu, précise la déclaration de la CCJC adoptée au Monk Center de Toronto. La crise climatique est notre problème. En tant que jeunesse canadienne, nous déclarons nos droits et acceptons notre responsabilité : notre droit à un avenir sain et notre responsabilité à assurer la même chose à nos enfants. »

12 septembre 2006
Une délégation de l'Assemblée nationale au Nunavik

Six députés de l'Assemblée nationale se rendront au Nunavik, dans le Nord-du-Québec, où les effets du réchauffement planétaire se font sentir avec plus de virulence d'année en année. Ils rendront compte à la Commission des transports et de l'environnement des impacts du phénomène sur les populations locales et leur milieu de vie.

« Ce mandat d'initiative est une occasion pour les membres de la Commission de prendre connaissance des développements les plus récents en matière de recherches sur le réchauffement climatique et d'avoir un portrait de la situation sur le terrain », a fait savoir le président de la commission, Claude Pinard.

Entre le 19 et le 22 septembre, les membres de cette délégation rencontreront donc des représentants inuit des communautés de Kuujjuaq, de Kangiqsujuaq et de Salluit. Les députés visiteront également les installations d'Hydro-Québec, à La Grande, histoire de voir comment la société d'État pourrait être affectée par les changements climatiques à venir.

7 septembre 2006
La fonte du pergélisol : une source de méthane

Il s'agit ni plus ni moins que d'un cercle vicieux. À cause du réchauffement de la planète, le pergélisol fond et libère du carbone ainsi que du méthane, des gaz qui viennent augmenter l'effet de serre et précipiter le réchauffement de la planète.

C'est la conclusion à laquelle arrive une équipe de scientifiques américains et russes dirigée par Katey Walter, de l'Université de l'Alaska. Ces derniers ont observé que le méthane contenu dans les lacs de Sibérie se libère cinq fois plus dans l'atmosphère que ce qui était prévisible.

Le fait que le pergélisol renferme quantité de restes d'animaux et de plantes qui, une fois libérés de l'emprise du gel, se retrouvent dans un milieu humide qui favorise leur décomposition, d'où les émanations de méthane - un gaz à effet de vingt fois plus puissant que le CO2.

Si certains scientifiques estiment que ce dégel prendra plusieurs décennies, Katey Walter se fait moins optimiste. « Les effets peuvent être énormes, a-t-elle déclaré. Il y en a beaucoup qui s'échappe et encore plus à venir. »

5 septembre 2006
La gestion des GES n'est pas la priorité des entreprises

Alors que le gouvernement Harper ne démontre aucun empressement à faire connaître les détails de son plan vert, un sondage mené par la firme Deloitte révèle que la gestion des gaz à effet de serre ne figure par au nombre des priorités de la moitié des hauts dirigeants des entreprises canadiennes. Le manque de leadership du gouvernement conservateur y est certainement pour quelque chose.

Si 80 % des entreprises sondées par la firme Deloitte accordent une certaine importance à la question des gaz à effet de serre, il n'en demeure pas moins que 50 % d'entre elles ne prennent pas en compte la gestion de leurs émissions quand vient le temps d'élaborer leur stratégie globale de gestion du risque.

En fait, l'étude révèle que la plupart des dirigeants des sociétés sondées n'envisagent même pas la gestion des gaz à effet de serre comme un problème global, applicable à l'ensemble de leur entreprise.

Il semble que l'absence de règles comptables ou fiscales encadrant la gestion des gaz à effet de serre soit à l'origine de ce désintérêt.

5 septembre 2006
Le charbon, grand champion

Selon un palmarès dressé par le quotidien Le Monde, le charbon serait la source d'énergie la plus utilisée pour la production mondiale d'électricité.

Voici le classement des sources d'énergie utilisées pour la production d'électricité dans le monde :

  • charbon : 39 %
  • gaz naturel : 20 %
  • hydraulique : 16 %
  • pétrole : 7 %
  • énergies renouvelables (sans l’eau) : 2 %

4 septembre
Une banque japonaise offre un taux écologique

La Kumamoto Family Bank de Kumamoto, dans l'île Kyushu au Japon, offre désormais à ses clients le dépôt à terme « brise fraîche », pour « susciter une réflexion sur le réchauffement planétaire », affirme un dirigeant de la banque, Yasunori Izaki.

Le principe est simple : la banque offre un taux d'intérêt de 0,40 % si la température moyenne d'août cette année est sous la barre de 28,3 degrés Celsius. Dans le cas contraire, le taux d'intérêt du dépôt sera de 0,25 %.

3 septembre
De plus en plus d'ouragans

Les experts ne sont toujours pas en mesure de préciser si l'augmentation du nombre et de la force des ouragans est liée au réchauffement de la planète ou à un cycle naturel.

« C'est un débat qui continue, explique Scott Kaiser, directeur du programme des cyclones tropicaux pour le National Oceanic and Atmospheric Administration aux États-Unis. Il y a des partisans convaincus dans chaque camp et encore beaucoup plus de monde entre les deux, mais il n'y a toujours pas de conclusion claire. »

Entre 1975 et 1989, 16 ouragans de catégorie 4 et 5 ont bouleversé l'Atlantique Nord, alors qu'il y en a eu 25 entre 1990 et 2004. Pour Scott Kaiser, la question est de déterminer si nous sommes entrés dans un cycle fort, comme il s'en manifeste environ à tous les 30 ans.

« L'activité que nous avons vue au cours des trois dernières années est toutefois plus forte que ce que nous avons connu pendant le dernier cycle fort, qui remonte aux années 1960, précise Scott Kaiser. Par ailleurs, nous prévoyons que 2006 sera elle aussi plus active que la normale mais nous ne nous attendons pas aux extrêmes que nous avons vus en 2005. »

Il demeure cependant que les 28 tempêtes tropicales de l'année dernière dépassent tous les records. Pas moins de 14 de ces tempêtes sont devenues ouragans, dont quatre de force 5. C'est deux fois le record des années 1960 et 1961.

« Cette année, nous prévoyons qu'il y aura entre 12 et 15 tempêtes nommées et entre sept et neuf ouragans parmi le groupe, indique Scott Kaiser. L'an passé, la saison avait débuté très rapidement avec sept tempêtes nommées, dont trois ouragans, en juin et juillet seulement. C'était très inhabituel, normalement il n'y a qu'une seule tempête pendant cette période. Cette année, nous n'en avons eu que deux dans la même période. »

1er septembre 2006
Changements climatiques et rhume des foins

Selon la géographe Michèle Garneau, de l'UQAM, les changements climatiques ont favorisé la prolifération de l'herbe à poux en périphérie de Montréal, tout en prolongeant la saison des émissions de pollen allergène. De là découlent plus de problèmes d'allergie pour les personnes qui respirent l'air de la métropole.

L'étude qui sera publiée sous peu dans la revue scientifique néerlando-britannique, Science of the Total Environment , porte sur une période de huit ans. De 1998 à 2002, Michèle Garneau et quatre autres chercheurs ont observé une augmentation des concentrations de pollen dans l'air, qu'ils estiment en lien avec les épisodes climatiques de ces années.

Sous l'effet des chaleurs intenses et prolongées causées par l'augmentation de l'effet de serre, les concentrations de pollen dans la Métropole auraient doublé en quatre ans, passant de 36,26 grains par mètre cube d'air en 1997 à 68,80 grains par mètre cube d'air en 2002.

Actuellement, la rhinite – ou le rhume des foins – affecte 8,4 % de la population de Montréal, soit 120 000 personnes. Il semble qu'aucune autre maladie environnementale n'ait autant affecté les Montréalais ces 30 dernières années.

31 août 2006
La Californie prend des mesures pour limiter ses émissions de GES

L'administration Bush a peut-être rejeté le protocole de Kyoto, mais le gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger, ainsi que les députés démocrates californiens veulent réduire les émissions californiennes de gaz à effet de serre, surtout de dioxyde de carbone, de 25 % d’ici 2020.

« Le succès de notre système sera un exemple à suivre pour d’autres États et nations, alors que la lutte contre les changements climatiques continue », a fait savoir le gouverneur Schwarzenegger dans un communiqué où il explique avoir conclu un accord avec les députés démocrates visant à réduire les gaz à effet de serre.

État le plus populeux des États-Unis, la Californie occupe le 12e rang des grands pollueurs de la planète et souffre d’une hausse des températures globales. Selon différents rapports des agences publiques de l’État, des températures en hausse pourraient faire fondre les neiges de la Sierra un peu plus tôt chaque année, ce qui provoquerait des inondations dans la Vallée centrale. À long terme, ce phénomène pourrait menacer l’approvisionnement en eau des villes et des fermes californiennes.

30 août 2006
Les activités viticoles de la Californie menacées

En raison du réchauffement climatique et des températures extrêmes qui s’ensuivent, la Californie pourrait perdre entre 50 et 80 % de ses terres viticoles. Cette conclusion, amenée par une étude américaine publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, n’a rien pour réjouir les producteurs de vin californiens.

Pour Noah Diffenbaugh, professeur à l’Université de Purdue, en Indiana, et coauteur de l’étude, « ce n’est pas tant la hausse des températures qui affectera les producteurs plus au sud que les températures extrêmes qu’ils rencontreront de plus en plus souvent ».

« La Californie, où se concentre 90 % de la production vinicole, est appelée à connaître de plus en plus de poussées de températures chaudes, explique le chercheur. On estime qu’en 2100, la côte Ouest pourrait compter plus de 50 jours chauds par année (plus de 35 °C), alors que le raisin ne tolère pas plus d’une dizaine de ces journées. »

L’étude précise que « les modèles climatiques montrent une possible migration de la production de vin vers des régions où l’humidité et les précipitations sont intenses, la côte nord-ouest du Pacifique et la Nouvelle-Angleterre  ».

30 août 2006
Des digues pour rehausser le Saint-Laurent?

Comment faire pour maintenir la vocation maritime du Saint-Laurent et surtout assurer l’avenir des ports des Grands-Lacs dans un contexte de réchauffement de la planète où le niveau d’eau du fleuve pourrait diminuer d’un mètre?

Une étude commandée par le Comité de concertation de la navigation sur le Saint-Laurent propose notamment comme hypothèse l’édification d’énormes ouvrages hydrauliques entre Montréal et Trois-Rivières.

Cette artificialisation du Saint-Laurent pourrait prendre plusieurs formes selon l’étude fédérale qui a été réalisée grâce au Fonds d’action sur les changements climatiques de Ressources naturelles Canada et au Consortium Ouranos de Montréal. La construction de digues transversales où circuleraient les navires, tout comme la réalisation d’une série de digues où l’eau et les navires passeraient en leur centre et l’édification d’un barrage et d’une écluse à la sortie du lac Saint-Pierre sont envisagées.

L’auteur principal de l’étude, Pierre D’Arcy, de la Garde côtière fédérale, précise cependant en introduction qu’il s’agit d’une « première réflexion sur certaines possibilités d’adaptation techniques et logistiques aux incidences des changements climatiques ». Le défi étant de ne pas laisser le débit fluvial chuter sous la barre des 5000 mètres cubes à la seconde à Sorel.

D’autres solutions, où il est question de draguer le chenal fluvial ou encore d’augmenter la précision des niveaux d’eau nécessaires aux navires, sont également documentées par l’étude.

Cependant, cette étude qui part du principe qu’il faut maintenir les activités maritimes et portuaires à leur niveau actuel, n’évalue ni les avantages économiques que pourraient tirer les ports québécois d’une éventuelle baisse des eaux du Saint-Laurent, ni l’avantage écologique de réintroduire le batelage, pratique qui consiste à transborder les marchandises dans des bateaux plus petits pour remonter le fleuve.

30 août 2006
Les producteurs canadiens d’électricité demandent plus de temps

Pour les producteurs canadiens d’électricité, les délais impartis par le protocole de Kyoto ne sont pas assez longs. Il faudra selon eux du temps et de l’argent pour convertir les vieilles centrales au charbon vers une source d’énergie moins polluante.

Ceci fait dire au président de la Canadian Electricity Association, Hans Konow, que le défi ne peut être réalisé dans le cadre de Kyoto, ni même sur une période de 10 ans, mais bien sur une période allant de 25 à 50 ans.

29 août 2006
Changements climatiques : l’Amérique latine et les Caraïbes menacés

Sans une action des gouvernements pour contrer les changements climatiques, l’Amérique latine et les Caraïbes pourraient devenir invivables estime le Groupe de travail sur le changement climatique et le développement.

Dans son troisième rapport publié récemment qui a pour titre « Parti en fumée? L’Amérique latine et les Caraïbes », le groupe souligne que « les températures et les précipitations changent dans la région, deviennent moins prévisibles et souvent plus extrêmes ».

La vingtaine d’organisations, dont Greenpeace, WWF et Panos, qui participent aux activités de ce groupe soulèvent de vives inquiétudes devant des phénomènes comme les sécheresses du bassin amazonien, la fonte des glaciers colombien et les situations de froid dans les Andes.

Ces phénomènes pourraient avoir des graves conséquences sur la vie humaine et animale des régions concernées, notamment en ce qui concerne l’agriculture et l’accès à l’eau potable.

Pour le Groupe de travail, il est clair que réaliser les objectifs de réduction des gaz à effet de serre du protocole de Kyoto, de même que mettre fin à la déforestation et aux coupes de bois illégales sont des solutions.

24 août 2006
Katrina aurait fait les « premiers réfugiés climatiques »
Selon le président de l’institut de recherche américain Earth Policy Institute, Lester Brown, l’ouragan Katrina aurait provoqué l’an dernier le premier exode massif de « réfugiés climatiques » au monde. Ironie du sort, l’événement s’est produit aux États-Unis, le pays qui a contribué le plus aux changements climatiques.

« Alors que la plupart des experts pensaient que les premiers réfugiés climatiques seraient recensés dans les îles Tuamotu du Pacifique, explique Lester Brown, il est surprenant de découvrir que les premiers flux sont originaires des régions du golfe du Mexique aux États-Unis. »

L’ouragan Katrina a forcé l’évacuation d’environ un million de personnes. « Quand des évacués décident de ne pas revenir, affirme Lester Brown, ils deviennent des réfugiés climatiques ». Il y a toujours 375 000 personnes ne sont pas revenues Nouvelle-Orléans et 250 000 personnes ne reviendront jamais estime le chercheur.

24 août 2006
Harper imite Washington

Les premiers pans du « Plan vert 2 » des conservateurs, dévoilés à Ottawa hier et à Toronto aujourd’hui, révèlent que le gouvernement Harper alignera sa politique environnementale sur Washington. Les conservateurs tournent ainsi définitivement le dos à Kyoto, ne proposant rien de concret pour réduire les gaz à effet de serre.

Ce recul inquiète André Bélisle, de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA). Selon lui, il ne faut pas trop en attendre du plan à venir des conservateurs, qui sera « vague et sans mesures concrètes accompagnées d’objectifs et d’échéanciers de réalisation, afin de pouvoir aller en élections sans avoir à se mouiller préalablement ».

« Il est clair que les changements climatiques ne sont pas la priorité du gouvernement Harper, affirme André Bélisle. Nous, on leur a dit que le Québec veut de l’action rapidement et l’atteinte des objectifs de Kyoto. S’ils ne visent pas cet objectif, on leur a dit que cela équivaudrait à une déclaration de guerre. »

Dale Marshall, de la Fondation Suzuki , a pour sa part souligné que « le gouvernement veut se lancer dans une politique sur la qualité de l’air indépendante de la gestion des GES, alors que le meilleur moyen d’y arriver, c’est de contrôler les émissions de carbone ».

23 août 2006
Le « Plan vert 2 » de Rona Ambrose

La ministre fédérale de l’Environnement, Rona Ambrose, qui met la dernière main à son Plan vert en le présentant à l’industrie et à des groupes environnementaux pour connaître leur opinion, a choisi d’ignorer certains groupes critiques à l’endroit du gouvernement Harper, tel le Sierra Club du Canada, Greenpeace et Équiterre au Québec.

Tout en affirmant que « tous les secteurs économiques sur lesquels cette politique aura des impacts » seraient consultés, le porte-parole de la ministre Ambrose explique l’absence de ces groupes par le fait que « dans certains cas, on connaît d’avance leurs opinions ».

Le Plan vert 2 des conservateurs prendrait la forme d’un énoncé de politique général où le gouvernement Harper éviterait de cibler des objectifs et de proposer des échéanciers. Il y serait question des gaz à effet de serre, mais pas du Protocole de Kyoto. Le gouvernement Harper miserait beaucoup sur des thèmes comme la santé des enfants et la qualité de l’air dans les maisons pour vendre son plan.

22 août 2006
La couche d’ozone se porte mieux

Le bannissement des CFC, il y a vingt ans, porte aujourd’hui ses fruits, alors qu’un comité des Nations Unies révèle que la couche d’ozone s’est rétablie, sauf au-dessus des pôles.

Le bilan conjoint du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et de l’Organisation météorologique internationale (WMO) observe une stabilisation de l’épaisseur de la couche d’ozone sur toute la planète, sauf en ce qui concerne les pôles. Une diminution de 3 % est observée au-dessus de l’hémisphère Nord, tandis qu’elle est de 6 % au-dessus de l’hémisphère Sud.

Les chercheurs estiment qu’il faudra attendre 2060, voire 2075, pour que la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique se régénère complètement. Le processus serait moins long pour l’Arctique, où la couche d’ozone serait reconstituée d’ici 2050.

21 août 2006
Au sujet des vaches australiennes et néo-zélandaises

Les gaz intestinaux des bovidés d'Australie et de Nouvelle-Zélande produiraient trop de méthane. Les autorités des deux pays ont donc décidé d'investir des millions de dollars pour réduire les flatulences de leurs vaches en créant une race à « haut rendement énergétique ». Il semble que les vaches spécialement conçues pour la production laitière produisent moins de méthane.

15 août 2006
Les caribous de l'Arctique en déclin

La population de caribous de l'Arctique est en déclin depuis les vingt dernières années. Elle aurait ainsi diminué de 80 % selon les biologistes. Ces derniers citent en exemple le cas de deux troupeaux errants, qui sont respectivement passés de 472 000 à 186 000 et de 99 000 à 21 000 entre 1986 et aujourd'hui.

Parmi les nombreuses explications possibles à ce déclin, des biologistes avancent que la croissance des troupeaux a été telle que les bêtes n'ont plus assez de nourriture pour s'alimenter et s'en trouvent affaiblies. Résultats : les naissances sont à la baisse et les chances de survie des nouveau-nés sont moins bonnes.

D'autres problèmes liés au réchauffement planétaire sont en cause, comme des parasites intestinaux rendus plus virulents et l'allongement des périodes de chaleur qui augmente la durée de vie des insectes piqueurs qui harcèlent les troupeaux

Outre participer à la subsistance des populations autochtones du Grand Nord, le caribou constitue un apport important à l'économie locale. En effet, la valeur des activités de chasse commerciale est estimée à 17 millions $.

1er août 2006
La macro-ingénierie au secours de la planète

Pour lutter contre les changements climatiques, plusieurs ingénieurs de par le monde ont fait connaître des solutions pour le moins hors du commun. Surtout, n'allez pas croire qu'il s'agit de science fiction. Aucune des options présentées ici n'a été réalisée, mais elles pourraient l'être dans un avenir rapproché – c’est ce que croient leurs créateurs!

Contre la fonte de l'eau douce de l'Arctique

La fonte de l'Arctique due au réchauffement climatique libère de grandes quantités d'eaux douces et cela affecte le mouvement complexe des courants océaniques qui tempèrent la planète. Le courant chaud du Golf Stream, par exemple, se rend jusqu'en mer de Norvège. De là, il se refroidit et sa haute salinité le fait couler au fond où il forme le courant d'eaux profondes, l'Atlantique Nord, qui revient vers l'Équateur. Mais un trop grand apport d'eau douce de l'Arctique, qui réduirait d'autant la salinité de l'Atlantique, pourrait désamorcer cette boucle et empêcher le Golf Stream de tempérer l'Europe.

Que faire?
Peter Flynn, professeur au Département de génie mécanique de l'Université de l'Alberta, à Edmonton, propose de regeler le Pôle Nord. Oui, rien de moins que d'épaissir la couche de glace qui se forme l'hiver dans l'Arctique.

Comment?
Envoyer vers le Grand Nord 8000 barges automatiques mues à l'énergie éolienne. Sur place, elles pomperaient de l'eau salée qui serait refroidie et pulvérisée au-dessus de la banquise - le principe des canons à neige d'un centre de ski. À la fonte du printemps, l'eau salée coulerait directement au fond, alimenterait le courant d'eaux profondes l'Atlantique Nord, ce qui assurerait au Golf Stream d'avoir la vigueur nécessaire pour se rendre en mer de Norvège.

Contre l'augmentation des concentrations de CO2

Les concentrations de CO2 n'étaient que de 280 parties par million au début de 1800. Elles dépassent aujourd'hui les 380 parties par million. Le CO2 est le principal gaz à effet de serre sur terre et il est responsable de la plus grande partie du réchauffement climatique.

Que faire?
Des chercheurs proposent de piéger le CO2 comme le font les végétaux, mais plus particulièrement certaines roches, tels les silicates qui représentent 95 % de l'écorce terrestre. Dissous avec l'eau de pluie, le CO2 et les silicates forment des sédiments calcaires.

Comment?
Il y a d'abord un géologue de l'Institut des sciences de la Terre de l'Université d'Utrecht, aux Pays-Bas, Olaf Schuiling, qui propose d'utiliser de la poudre d'olivine. Il suffirait d'en répandre sur le sol. La mesure aurait même pour effet de neutraliser les sols qui souffrent toujours de pluies acides. Un professeur de géologie à l'Université Laval, Georges Beaudoin, croit qu'il serait mieux d'utiliser des résidus de l'exploitation de l'amiante : ils contiennent des roches semblables à l'olivine. Finalement, Klaus Lackner, qui est géophysicien à l'Université Columbia, dans l'état de New York, propose de fabriquer et de planter des « arbres » fait de silicate de magnésium.

Que faire encore?
Selon l'ingénieur David Keith, du Département de génie chimique et pétrolier de l'Université de Calgary, il serait possible de débarrasser l'air du CO2 avec de gros filtres, du genre de ceux qui se retrouvent dans nos cuisines pour absorber les vapeurs de cuisson. L'ingénieur a inventé un « laveur de CO2 », qui utilise de la soude caustique pour neutraliser le gaz carbonique, qui se transforme alors en... bicarbonate de soude. David Keith a déjà construit un dispositif de 5 mètres dans son laboratoire et il estime que des centaines d'appareils semblables de 120 mètres pourraient assainir l'air.

Pour aider les nuages à réfléchir la lumière

John Latham, du Centre national de recherche atmosphérique, à Boulder, au Colorado, voudrait exploiter l'effet Twomey et accroître l'albédo des nuages, c'est-à-dire leur capacité à réfléchir la lumière. L 'effet de serre est notamment provoqué par le CO2 qui emprisonne la chaleur du soleil. Alors si les nuages réfléchissent plus de lumière vers l'espace, il sera moins grand.

Le chercheur voudrait en quelque sorte « doper les stratocumulus » qui recouvrent les océans en vaporisant de l'eau salée à 20 mètres au-dessus de la mer, ce qui aurait pour effet de favoriser le processus d'évaporation. Il semble que le sel de l'eau permette d'augmenter l'albédo des nuages.

Contrer les rayons du soleil

Dans la même veine que « doper les nuages », le physicien américain Lowell Wood, du Laboratoire national Lawrence Livermore, propose de construire un gigantesque filtre solaire à 1,5 millions de kilomètres de la terre - là où les forces de gravitation de la Terre et du Soleil s'annulent. Lowell Wood estime qu'en déviant seulement 1 % des rayons solaires, il serait possible de contrer le phénomène de réchauffement planétaire.

Aider la terre à réfléchir la lumière

Pour réfléchir le plus de lumière possible en direction de l'espace, il faut offrir aux rayons solaires le plus grand nombre de surfaces blanches possibles. C'est la solution avancée par Robert Hamwey, du Centre d'études économiques et écologiques de Genève.

Pour augmenter l'albédo de la terre, cette fois, le chercheur propose de recouvrir les bâtiments, les routes et autres de dioxyde de titane - un minéral sert à fabriquer la peinture blanche ou les crèmes solaires. Pour le sol, Robert Hamwey suggère des plantes au feuillage clair, comme des plantes araignées ou des laîches.

31 juillet 2006
Entreposage du CO2 en sous-sol : une question d'étanchéité

L'entreposage du CO2 en sous-sol pour lutter contre l'effet de serre est une option séduisante à prime abord, dans la mesure où il n'y a que peu ou pas de fuite. Comme l'a constaté une équipe dirigée par Yousif Kharaka, du Service de géologie des États-Unis, le gaz carbonique a un effet sur la composition chimique du milieu où il se trouve. L'acidité de ce milieu augmente, ce qui entraîne la dissolution de certains minéraux.

« Cela pourrait finir par créer des passages dans la roche ou les scellements des puits, conduisant à des fuites de saumure et de CO2 [...]. L'impact environnemental pourrait être majeur si de grands volumes de saumure accompagnés de métaux toxiques migraient vers des nappes d'eau potable », précisent les chercheurs dans un article publié par la revue Geology ce mois-ci.

L'équipe de Yousif Kharaka a injecté 1600 tonnes de CO2 liquide dans une poche aquifère saline de 24 mètres à 1500 mètres de profondeur. Il n'y a aucune fuite après six mois, mais l'hypothèse n'est pas à écarter.

Les aquifères salins profonds, qui constituent de très bons réceptacles à CO2, auraient un potentiel allant de 350 à 1000 gigatonnes. Par comparaison, les émissions de gaz carbonique reliées à l'activité humaine avoisinent les 30 gigatonnes par an.

Pour sa part, Nick Riley, du Service géologique britannique, estime le stockage géologique est un risque à prendre. L'exemple du site de Sleipner, en mer du Nord, est révélateur : l'entreprise norvégienne Statoil y injecte un million de tonnes de CO2 par an et aucune fuite n'a encore été identifiée.

« L'article de Geology donne une image très orientée, en ce qu'il ne précise pas que les réactions chimiques du CO2 avec les fluides et la roche environnante se traduisent aussi par le dépôt de minéraux qui bloquent leur circulation, précise ce dernier. Pendant que nous tardons à déployer cette technologie par peur des fuites, nous permettons à 100 % du CO2 issu des combustibles fossiles de s'évader dans l'atmosphère. Ce qui aura des conséquences désastreuses en termes de changement climatique, de montée des eaux et d'acidification des océans. »

26 juillet 2006
CO2 : l'ennemi nous survole

Selon le groupe de recherche hollandais CE Dalft, l'avion produit beaucoup plus de gaz à effet de serre que l'automobile. Le groupe d'analyse a établi que pour rivaliser avec un voyage à Paris, un automobiliste devait faire 15 000 kilomètres avec sa voiture.

Les émissions de CO2 en grammes par kilomètres-passager selon The Economist .

Avion ( 500 km ) 150 à 300 gr.
Avion ( 1500 km ) 75 à 150 gr.
TGV 60 à 140 gr.
Voiture essence 5 à 100 gr.
Voiture diesel 60 à 80 gr.
Train 25 à 80 gr.
Autobus 10 à 50 gr.

18 juillet 2006
Les mangroves des îles du Pacifique menacées

Selon une étude des Nations Unies publiée hier, l'actuelle montée des océans provoquée par le réchauffement climatique menacerait de destruction la moitié des mangroves des îles du Pacifique.

L'étude recommande aux pays concernés de limiter les constructions sur le littoral, de réduire la pollution et de restaurer les mangroves déjà touchées.

Les mangroves sont ces baies typiques des littoraux tropicaux où l'on retrouve principalement des arbres dont les racines aériennes se fixent dans la boue (les palétuviers).

13 juillet 2006
Protocole de Kyoto : Jacques Chirac réprimande le Canada

Pour Jacques Chirac, le Canada a une « responsabilité particulière » à l'égard du Protocole de Kyoto. Dans une lettre ouverte transmise aux médias, le président français demande au Canada et au Japon de « donner l'exemple dans le respect de leurs engagements, comme le font l'Europe et la France  ».

« À eux [le Canada et le Japon] de montrer la voie pour l'après 2012, précise le président français dans sa lettre. Nous voulons un accord ambitieux, à la mesure de la menace qui pèse sur l'humanité; un accord qui engage tout le G8, y compris les États-Unis, ainsi que les pays émergents. »

Rappelons que depuis sa venue au pouvoir, Stephen Harper tente de discréditer cet accord international ratifié par le Canada, affirmant que les cibles de réduction imposées sont inatteignables. Au Protocole de Kyoto, le premier ministre Harper préfère le Partenariat Asie-Pacifique, qui n'impose aucune cible de réduction.

13 juillet 2006
Pour une bourse du carbone à Montréal

La Bourse de Montréal et le Chicago Climate Exchange (CCX) ont finalement annoncé la création d'une coentreprise spécialisée dans le négoce de produits environnementaux : le Marché climatique de Montréal.

Ce nouveau marché boursier canadien, possédé à 51 % par la Bourse de Montréal, permettra de négocier des instruments financiers liés aux crédits d'émissions de carbone. Ne reste qu'une inconnue dans ce dossier : les règles du jeu que le gouvernement conservateur entend mettre en place dans le cadre de sa stratégie de réduction des gaz à effet de serre.

« Il faut prendre de l'avance, on ne peut pas attendre qu'une instance gouvernementale fasse une annonce avant de réagir. On est convaincu que ce marché connaîtra une très grande croissance. Alors on se positionne », a expliqué le président de la Bourse de Montréal, Luc Bertrand.

11 juillet 2006
Les Alpes sans glaciers?

Une étude suisse révèle que les glaciers des Alpes pourraient disparaître d'ici la fin du présent siècle, si le réchauffement climatique provoque une augmentation moyenne des températures de 5 degrés en période estivale.

« Notre étude montre que la majorité des glaciers alpins pourraient fondre ces prochaines décennies », explique le glaciologue Michael Zemp, chercheur de l'Institut géographique de l'Université de Zurich.

Selon les modèles développés par les chercheurs, une hausse de 3 degrés des températures moyennes entre avril et septembre provoquerait la diminution de 80 % de la surface de glace dans les Alpes. Avec une hausse de 5 degrés, il n'y aurait pratiquement plus de glace.

« C'est justement dans les régions de montagne fortement peuplées, comme les Alpes, qu'il faut réfléchir aux conséquences d'une fonte massive des glaciers, sur le cycle de l'eau, l'économie hydraulique, le tourisme ou les dangers naturels », a fait valoir Michael Zemp.

Les glaciers des Alpes ont déjà diminué de moitié depuis 1850. Uniquement lors de la canicule de 2003, la masse glaciaire des Alpes a diminué de 5 à 10 %. La revue scientifique « Geophysical Research Letters » a publié cette étude à la mi-juillet.

10 juillet 2006
Biocarburants ou technologie hybride?

C'est la question que se posent plusieurs grands constructeurs automobiles pour offrir aux consommateurs des produits plus écologiques.

Toyota répond à cette question avec la technologie. Le géant japonais estime d'ailleurs pouvoir proposer des versions hybrides de la plupart de ses modèles d'ici cinq ans.

Chez General Motors, Ford et DaimlerChrysler, la réponse se trouve dans les biocarburants. D'ici 2010, les trois grands veulent ainsi multiplier par deux le nombre de véhicules alimentés par les biocarburants. Cette année seulement, les trois constructeurs prévoient offrir près de 850 000 véhicules qui seraient en mesure de fonctionner avec un mélange de 85 % d'éthanol et de 15 % d'essence (E85).

7 juillet 2006
David Suzuki est séduit par la « taxe sur le carbone » de Québec

L'écologiste David Suzuki se dit impressionné par la redevance de 200 millions $ que le gouvernement québécois entend exiger des pétrolières pour financer son plan de réduction des gaz à effet de serre.

« Québec a osé s'attaquer à ce sujet. Dans l'Ouest du Canada, les gens sont hors d'eux lorsque vous mentionnez les mots " taxe sur le carbone ", a expliqué David Suzuki . Pourtant, cela veut dire essentiellement que le pollueur doit payer. Nous réclamons depuis des années une telle taxe. Cela a été très excitant de voir un gouvernement arriver avec l'idée d'en imposer une. »

Séduit par la mesure prise par Québec, David Suzuki a même fait appel à son réseau de contacts pour permettre au gouvernement québécois de faire la promotion de cette mesure dans l'Ouest canadien.

« C'est un gros changement par rapport au gouvernement de Stephen Harper », a affirmé l'écologiste pour souligner les efforts du Québec pour atteindre les cibles de Kyoto.

5 juillet 2006
Les coraux menacés par le CO2

Selon les chercheurs la National Science Foundation , de la National Oceanic and Atmospheric Administration et du U.S. Geological Survey , les coraux ainsi que plusieurs créature marines sont menacées par le CO2.

La dissolution de ce gaz à effet de serre dans les eaux de surface des océans en augmenterait l'acidité. Ce phénomène d'acidification, qui va se poursuivre d'ici la fin du siècle selon les chercheurs, vient rompre le fragile équilibre qui préside à la vie des espèces marines. Les coraux, par exemple, ne seraient plus en mesure de se regénérer assez rapidement pour résister à l'érosion.

Entre 1800 et 1994, les océans auraient absorbé 118 milliards de tonnes de CO2.

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4 juillet 2006
Une tournée pour dénoncer les mensonges des conservateurs

Le gouvernement Harper se complaît à entretenir l'ambiguïté, les demi-vérités et même le mensonge concernant le Protocole de Kyoto, tant et si bien que le directeur de Greenpeace Québec, Steven Guilbault, songe actuellement à une tournée pancanadienne aux côtés de l'écologiste bien connu David Suzuki afin de mettre les choses au clair concernant le Protocole de Kyoto ainsi que les plans d'Ottawa et de Québec visant à réduire les gaz à effet de serre.

Si le plan du Québec, basé notamment sur une série d'investissements, la modernisation du code du bâtiment ainsi qu'une redevance sur les produits pétroliers pour le financement du transport en commun, a été extrêmement bien reçu dans les milieux pro-Kyoto depuis qu'il a été rendu public, le plan qui doit bientôt être mis en ouvre par le gouvernement de Steven Harper fait grincer des dents.

Messieurs Guilbault et Suzuki entendent profiter de cette tournée pour remettre les pendules à l'heure. Steven Guilbault doit d'abord s'entendre avec le gouvernement du Québec avant d'amorcer cet exercice. La tournée toucherait différents auditoires, notamment les élus des provinces ainsi que les représentants du monde des affaires et de la société civile.

30 juin 2006
Une taxe pour les voitures les plus polluantes

Le principe pollueur-payeur s'appliquera dès le 1 er juillet chez nos cousins européens, puisque les propriétaires de voitures qui émettent des émissions de CO2 supérieures à 200 grammes par kilomètre devront payer une taxe additionnelle sur la carte grise.

Cette surtaxe de 2 euros par gramme de CO2 pour véhicules qui émettent entre 201 grammes et 250 grammes par kilomètre, vise principalement les berlines de luxe, les 4 x 4 ou les utilitaires. Au-delà de 250 grammes de CO2 par kilomètre, la surtaxe sera de 4 euros par gramme.

« Le but est symbolique », précise cependant Alain Morcheoine, de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

30 juin 2006
Sondage : « Le Canada en 2020 »

L'environnement et le réchauffement de la planète sont de plus en plus au cour des préoccupations des canadiens selon un récent sondage. Ainsi, 72 % croient que le réchauffement planétaire sera la plus grande crise pour l'humanité en 2020.

Ce point de vue est partagé par 76 % des citoyens au Québec et même une majorité d'Albertains, avec 57 %.

Cette enquête révèle que 23 % des Canadiens considèrent les bouleversements climatiques dû à l'activité humaine comme le problème numéro un, loin devant leurs autres préoccupation, tels les services de santé (12 %), la pollution (10 %), l'économie (7 %) ou l'énergie (6 %).

29 juin 2006
Le premier ministre du Japon fait la promotion de Kyoto

En visite au Canada depuis mercredi dernier, le premier ministre du Japon, Junichiro Koizumi, a formulé le souhait de voir le gouvernement canadien imiter le Japon au chapitre de la réduction des gaz à effet de serre.

Le plan environnemental japonais est de toute évidence le Protocole de Kyoto, dont Junichiro Koizumi ne manque pas une occasion de faire la promotion. « La croissance économique ne devrait pas être opposée à la protection de l'environnement, a expliqué M. Koizumi lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Harper. Le gouvernement du Japon travaille à réaliser les deux. C'est une de mes principales priorités [...]. »

Stephen Harper n'a pour sa part ni critiqué l'accord de Kyoto, ni précisé la position de son gouvernement concernant la réduction des gaz à effet de serre. Il a simplement déclaré que le Canada était « désireux de participer au processus du Partenariat Asie-Pacifique sur le climat, ainsi qu'à un certain nombre d'autres processus ».

Rappelons que, contrairement à Kyoto, le Partenariat Asie-Pacifique ne contient aucune cible ni aucun échéancier. Il ne fait qu'engager ses signataires à faire des efforts volontaires de réduction des gaz à effet de serre.

29 juin 2006
Gatineau : une amende pour les moteurs qui tournent au ralenti

Dès la fin de l'été, Gatineau entend sévir contre les conducteurs qui laisseront tourner leur voiture au ralenti plus de 5 minutes.

« L'objectif est double, précise Richard Côté, conseiller municipal. D'abord, réduire les gaz à effet de serre, ensuite favoriser les économies d'essence. Le règlement devrait être approuvé début juillet. »

Plus question de laisser tourner le moteur uniquement pour maintenir la climatisation de la voiture en été ou le chauffage en hiver, sinon vous aurez droit à une amende 30 $.

28 juin 2006
La demande de biocarburant aura un effet sur l'approvisionnement en nourriture

Selon une entreprise de Toronto, le réchauffement de la planète est plus rapide que prévu et la croissance de la demande de biocarburant pourrait avoir un effet sur l'approvisionnement en nourriture.

C'est ce que Sprott Asset Management, une firme d'investissement réputée, avance dans une récente étude.

« Avec la hausse du prix du pétrole, il devient intéressant de produire de l'énergie à partir des huiles végétales, soulignent les auteurs de l'étude. Cela aura pour effet d'augmenter la culture de plantes telles que le soya, qui permet de fabriquer des biocarburants. Considérant les pénuries de cultures vivrières qui pourraient survenir à la suite de changements climatiques subits, il est probable que les gouvernements devront bientôt choisir entre nourrir la population et fournir du carburant aux VUS. »

28 juin 2006
Cinq étoiles pour le documentaire d'Al Gore

Des scientifiques étasuniens ont souligné l'excellence du documentaire de l'ex-vice-président des États-Unis, Al Gore, qui porte essentiellement sur le réchauffement climatique et ses conséquences.

Le documentaire d'Al Gore, « An Inconvenient Truth », a ainsi reçu une cote de 5 étoiles de la part des 19 scientifiques. Ces derniers soulignent notamment la précision des données sur lesquelles il est basé et la concision de la présentation.

À l'opposé, certains scientifiques étasuniens ont reproché à Al Gore d'avoir utilisé des images de l'ouragan Katrina. Selon eux, il n'était pas approprié pour l'ex-vice-président d'illustrer son propos en rappelant les dégâts qu'a causé l'ouragan qui s'est abattu sur la Nouvelle-Orléans l'an dernier.

27 juin 2006
CO2, jugement important de la Cour Suprême des États-Unis

Alors que l'administration Bush refuse de réglementer les émissions de dioxyde de carbone (CO2), la Cour Suprême des États-Unis a donné raison à 12 États, 13 groupes environnementaux et deux villes, notamment, qui demandent à Washington d'agir en ce sens.

Les parties concernées dans cette cause soutiennent que le Clean Air Act étasunien donne au président Bush la légitimité nécessaire pour réglementer les émissions de CO2 qui participent au réchauffement climatique.

L'administration Bush objecte que le CO2 n'est pas un polluant et que Washington n'a donc aucune obligation de s'attaquer aux émissions de ce gaz à effet de serre.

27 juin 2006
« Je pense qu'ils n'ont aucun plan. Ce ne sont que des mots »

C'est ce que le célèbre écologiste David Suzuki soutient au sujet du plan canadien de réduction des gaz à effet de serre que le gouvernement Harper a promis pour l'automne prochain.

David Suzuki n'est pas tendre à l'endroit du gouvernement Harper, qui manque selon lui à ses obligations légales en reniant la signature du Canada au bas du Protocole de Kyoto. « Ce que George Bush et l'Australie font, en ne se conformant pas à une loi internationale, c'est déclarer qu'ils sont des bandits internationaux, a-t-il affirmé. Je ne crois pas que les Canadiens veulent ça. Pourtant, c'est ce que monsieur Harper fait. »

« Je crois que c'est très intelligent, a-t-il précisé David Suzuki au sujet du plan québécois de réduction des GES, parce que si Québec montre le chemin, plusieurs entreprises iront s'y établir pour stimuler l'économie. »

« Nous devons en faire un enjeu. Donc, je veux parcourir le Canada et soulever le problème. Personne ne parle jamais de ce que ça nous coûtera si nous ne diminuons pas nos émissions, prévient David Suzuki. Relocaliser les Inuits et leur donner un nouveau mode de vie, cela coûtera des milliards de dollars. »

27 juin 2006
Pas d'argent pour Québec

Le gouvernement Harper n'a pas l'intention de donner plus d'argent à Québec pour la pleine mise de son plan de réduction des gaz à effet de serre.

Selon le premier ministre Harper, le gouvernement québécois a obtenu « un montant similaire à celui reçu par le gouvernement de l'Ontario » et devrait donc renoncer aux 328 millions $ qu'il réclame d'Ottawa.

« Le gouvernement fédéral est totalement en désaccord avec l'idée d'une taxe sur les émissions de gaz carbonique et ne l'imposera pas », a également précisé Stephen Harper à la sortie de la réunion de son conseil des ministres qui avait lieu à Québec le 23 juin dernier.

« Nous croyons que cette redevance sur les émissions ne ferait en sorte que de hausser le prix de l'essence pour les consommateurs, soutien le premier ministre. Ce n'est pas quelque chose que nous voulons faire. »

26 juin 2006
Le Québec à la tête d'un front commun

Avec l'aide des gouvernements de l'Ontario et du Manitoba, le Québec veut forcer le gouvernement de Stephen Harper à verser aux provinces l'argent nécessaire pour atteindre les objectifs de Kyoto.

« Nous ne lâcherons pas le morceau, c'est certain », a déclaré en entrevue téléphonique le ministre québécois du Développement durable et de l'Environnement, Claude Béchard, qui participait à un sommet sur la qualité de l'air à Toronto.

« Les gens s'imaginent que la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre est une chose extrêmement compliquée, qui va faire fermer les entreprises. Ce n'est pas le cas », a précisé le ministre qui veut rallier l'Alberta et la Colombie-Britannique au plan québécois sur les changements climatiques.

Le ministre Béchard réclame qu'Ottawa fasse sa part pour la pleine réalisation de ce plan de réduction des gaz à effet de serre. « Je crois que ce n'est pas trop demander à Ottawa que de nous octroyer 328 millions $ en cinq ans », a-t-il déclaré.

Pour sa part, le gouvernement Harper juge les objectifs de Kyoto irréalistes et soutien que le Québec a déjà reçu l'argent réclamé par le biais des transferts fédéraux destinés aux infrastructures et au transport en commun. Ce qui est faux affirme le ministre Béchard.

26 juin 2006
Les Montréalais invités à signer une pétition pour le respect de Kyoto

Plusieurs députés du Parti Québécois et du Bloc Québécois se sont postés à la sortie des stations de métro de Montréal, lundi, pour inviter la population à signer une pétition réclamant le respect du Protocole de Kyoto.

Pour la députée Elsie Lefebvre , qui représente la circonscription de Laurier-Dorion à l'Assemblée nationale, par son refus de respecter le Protocole de Kyoto, le gouvernement de Stephen Harper tourne le dos aux Québécois, eux qui ont fait de l'environnement une priorité.

Pour Elsie Lefebvre , cette pétition permet à la population du Québec de signifier au gouvernement Harper son « refus de sacrifier Kyoto pour des intérêts pétroliers de l'Ouest du Canada ».

En moins d'une heure, les députés Louise Harel, Diane Lemieux , Daniel Turp , Nicolas Girard , Elsie Lefebvre et Martin Lemay du Parti Québécois, de même que Bernard Bigras, Réal Ménard, Viviane Barbot et Thierry St-Cyr du Bloc Québécois, ont ajouté plus de 1500 signatures à la pétition lancée par la Coalition Sauvons Kyoto le 4 juin dernier. Elles viennent s'ajouter aux 36 000 signatures recueillies à ce jour.

23 juin 2006
Un réchauffement sans précédent depuis 400 ans

Selon les scientifiques de l'Académie nationale américaine des sciences (NAS) la température moyenne de la surface de la terre a augmenté d'un degré au cours du 20 e siècle. C'est-ce que révèle un rapport de 155 pages commandé par le Congrès des États-Unis.

Il s'agit d'un réchauffement « sans précédent depuis au moins 400 ans et potentiellement depuis les derniers millénaires », estiment les scientifiques de l'Académie des sciences, pour qui « les activités humaines sont responsables en grande partie du réchauffement récent ».

Les climatologues Michael Mann, Raymond Bradley et Malcolm Hugues avaient d'ailleurs avancé, à la fin des années 1990, que la température de l'hémisphère Nord n'avait jamais été si élevée depuis 2000 ans. Les scientifiques de l'Académie des sciences qualifient cette conclusion de « probablement » fondée dans leur étude.

Les récentes données appuient ce qu'avançaient les climatologues estime John Wallace, professeur des sciences de l'atmosphère à l'Université de Washington et membre du comité de rédaction du rapport de l'Académie des sciences, un organisme privé dont la mission est de conseiller les pouvoirs publics américains sur des questions scientifiques et médicales.

23 juin 2006
La Coalition Québec-vert -Kyoto dénonce le gouvernement Harper

En réaction à la rencontre du cabinet Harper qui avait lieu à Québec le 23 juin dernier, la Coalition Québec-vert -Kyoto a dénoncé l'irresponsabilité des conservateurs en matière de lutte aux changements climatiques.

« Pour le Québec, Kyoto n'est pas une option, c'est le minimum requis », a déclaré Patrick Bonin, un porte-parole de la Coalition , ajoutant du même souffle : « les
Québécois exigent le respect du Protocole de Kyoto. Nous pourchasserons donc
sans relâche le gouvernement Harper afin qu'il respecte cette volonté. »

« Les conservateurs doivent donc travailler à améliorer Kyoto et non à le détruire », a pour sa part déclaré André Bélisle, également porte-parole de la Coalition Québec-vert -Kyoto et président de l'AQLPA.

Les groupes présents à cette conférence de presse ont dénoncé les déclarations trompeuses du gouvernement Harper qui n'a jamais voulu adhérer au Protocole de Kyoto, soulignant notamment que les changements climatiques étaient un problème planétaire qui réclamait une solution planétaire et non pas uniquement canadienne.

Pour les groupes membres de la Coalition , le gouvernement de Stephen Harper doit supporter le Protocole de Kyoto massivement appuyé par les Québécoises et les Québécois, sans quoi il en payera le prix politique.

Les AmiEs de la Terre de Québec, la Confédération des associations d'étudiants et d'étudiantes de l'Université Laval (CADEUL), Conseil régional de l'environnement - Capitale nationale, Greenpeace, ainsi que l'ADQ, le NPD, le Parti Québécois, le Parti Vert du Québec et Québec Solidaire participaient à cette conférence de presse.

22 juin 2006
Au sujet de l'éthanol

La seule mesure concrète du gouvernement Harper pour réduire les gaz à effet de serre a été de porter de 1 % à 5 % la proportion d'éthanol dans l'essence.

Malheureusement, il semble que cette mesure ne soit pas d'une grande efficacité. Selon Nathalie Elgrably, une économiste de l'Institut économique de Montréal, non seulement le Canada produit moins de 25 % du maïs nécessaire à la fabrication de ces 5 % d'éthanol additionnel dans l'essence, mais la production d'éthanol constituerait un déficit énergétique.

En effet, quand on tient compte des fertilisants nécessaires à la culture du maïs, du carburant utilisé par les tracteurs et les camions, ainsi que des ressources indispensables à la distillation, explique Nathalie Elgrably dans un texte publié par le Journal de Montréal, il s'avère que la quantité d'énergie employée pour produire un gallon d'éthanol est supérieure de 29 % à la quantité d'énergie que produit l'éthanol.

L'économiste estime par ailleurs que pour augmenter la production d'éthanol «  il faudrait convertir des forêts et des terres vierges à la culture du maïs, ce qui contredit indéniablement la logique écologique. Vu sous cet angle, ne faudrait-il pas remettre en question les soi-disant bienfaits de l'éthanol pour l'environnement? »

Une chose est certaine, la production d'éthanol n'est pas rentable. L'économiste affirme d'ailleurs que c'est la raison pour laquelle les pétrolières n'en utilisent pas d'avantage.

Aux États-Unis, une subvention de 51 cents est versée pour chaque gallon d'éthanol produit.

22 juin 2006
Les rives de la Côte-Nord menacées par l'érosion

En raison du réchauffement climatique, le tiers des 2200 kilomètres de rives de la Côte-Nord sont menacées par l'érosion. C'est ce que révèle une étude qui a requis la participation de six ministères québécois.

L'étude précise que 60 % des rives meubles ou friables sont victimes de cette érosion et qu'au moins 400 résidences menacées devraient être déplacées. Il serait question de 2500 maisons d'ici 30 ans.

La hausse du niveau de la mer, combiné à la disparition des glaces de mer qui protégeaient le rivage de l'attaque des tempêtes hivernales seraient responsables de ce recul des rives.

L'étude recommande aux MRC de la Côte-Nord d'instituer une bande riveraine protégée de 60 mètres.

21 juin 2006
Une diminution des GES de 60 % d'ici 2050

Selon une étude réalisée par la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie (TRNEE), il serait possible de diminuer les émissions canadiennes de gaz à effet de serre de 60 % d'ici 2050, en utilisant les technologies existantes et sans qu'il n'y ait d'impacts négatifs sur l'économie.

Avec un objectif à long terme, cette diminution est 10 fois plus importante que ce qu'exige le Protocole de Kyoto. L'agence qui a réalisé l'étude et dont les activités sont indépendantes du gouvernement affirme à ce sujet : « le premier constat de l'analyse, et probablement le plus important, c'est que cet objectif peut être atteint ».

« Nous ne manquons pas de techniques pertinentes pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, mais plutôt d'un engagement à long terme, précise l'étude. Le secteur privé a besoin d'un tel engagement afin de pouvoir prendre des décisions sur des investissements à court terme qui tiennent compte de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. [...] Il faut donc absolument prendre un engagement sérieux le plus vite possible. Plus le temps passe, plus ce sera difficile à respecter. »

Rappelons que l'objectif de Kyoto – diminuer, d'ici 2012, les émissions canadiennes de GES de 6 % par rapport à leur niveau de 1990 – a été jugé irréaliste et inatteignable par le gouvernement Harper.

Pour en savoir plus sur la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie : www.nrtee-trnee.ca.

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